L’identité est plus qu’un symbole

L’identité est plus qu’un symbole

Par Sylvie Bergeron, auteure de La conscience du génie québécois

Réaction à l’article « Le Québec générique du PQ. »  par V. Marissal, La Presse, 13 novembre 2013

Nombre de journalistes montréalais posent les minorités religieuses en victimes et oublient que, ce faisant, ils défendent l’intégrisme dont le monde entier est justement victime. Il est étonnant, venant de gens avisés des jeux de manipulations, de voir leur déni devant le phénomène de propagande islamiste. Fermer les yeux au nom de quoi ? La liberté religieuse ? C’est la liberté tout court qui est menacée ici. Non pas par la neutralisation de la fonction publique, mais bien par la propagande islamique dont le voile est le porte-étendard le plus signifiant. Or si nous voulons garder nos libertés globalement, il vaut mieux priver quelques personnes de porter des symboles qui sont devenus suspicieux de par l’infiltration intégristes. Par solidarité, tous les porteurs de symboles devraient donc accepter cette nouvelle donne dans la fonction publique.

« Le PQ veut des candidats génériques, sans signes distinctifs, sans particularité identitaire. Ce faisant, le PQ confond neutralité des institutions et homogénéité de ses représentants… ». Il  y a des limites à définir l’identité par un symbole. Les signes distinctifs sont des illustrations de l’identité mais certainement pas l’identité même d’une personne. En cela, il est tout à fait justifié de vouloir en interdire le port au sein d’un état qui veut servir toutes les identités. Nous ne tenons pas à un bout de tissus !

« Porter un symbole identitaire… n’est pas gage infaillible d’extrémisme ». Sortir cette question de son contexte politique mondial est faire preuve soit de naïveté, soit d’un acharnement intellectuel qui sert la cause de la liberté. C’est vivre dans le déni de la propagande intégriste qui prend en otage la foi des Musulmans. Il serait temps de sortir de l’innocence avant que ce poison ne fasse plus de tort à la société.

Nettoyer la corruption à tous les niveaux

Pour les hôpitaux ontariens qui recrutent ce qu’il y a dans la tête et non ce qu’il y a dessus, il n’est pas question de compétence intellectuelle dans ce dossier, mais de métaphysique : ce qu’il y a au-dessus de la tête des gens. Au Québec, c’est une affaire personnelle. Nous n’avons pas à faire valoir notre allégeance à Dieu au sein de la fonction publique, d’autant plus lorsque le symbole est rattaché à un système souterrain terroriste qui le cautionne par défaut. N’en déplaise aux croyants, nous sommes en train de faire le ménage de toutes les formes de corruption au Québec. Les Musulmans peuvent nous aider en dénonçant la propagande avec nous et en aidant les leurs à se détacher de l’aspect démonstratif de leur ferveur.

Avoir deux modèles paralyse notre société

Il  y a deux modèles d’intégration en concurrence au Québec et nous sommes en train de choisir lequel nous voulons mettre en avant : Canadians multiculturalism ou l’interculturalisme québécois. Les Québécois sont des gens inclusifs alors que les Canadiens privilégient une intégration qui sépare les cultures. L’expression religieuse cloitre, l’absence d’expression ostentatoire mélange les saveurs.

 M. Marissal associe aussi l’idée qu’interdire les signes ostentatoire dans la fonction publique « gomme toute différence ». La différence ne s’exprime pas qu’à travers un bout de tissus. Et l’espace public est beaucoup plus vaste que la fonction publique pour exprimer cette différence, si tant est que nous tenons à appuyer fortement sur cette distinction. Généralement, les gens se rassemblent par affinité, peu importe leur origine nationale. L’attachement à un signe ostentatoire n’envoie pas le signal d’une volonté d’intégration à la société, mais le désir de s’en exclure surtout lorsqu’on utilise la loi, la charte des droits et libertés pour fixer ce refus. En passant par la juridiction, non seulement on envoie le signal d’un refus de s’intégrer, mais celui du désir d’imposer sa religion, sa culture, ses mœurs, donc un blocage devant l’exercice d’altérité nécessaire à l’immigrant. Passer par la loi pour revendiquer un accommodement religieux n’envoie pas le message d’un désir de s’unir aux autres. Qui est raciste dans l’exercice juridique ?

Nous sortons enfin du mutisme

Nous n’avons jamais choisi l’immigration massive comme peuple. Il y a 30 ans, Trudeau père nous a imposé une Constitution. Et la charte qu’il y a enchâssée, additionnée à cette immigration massive, a muselé la société québécoise. Aujourd’hui nous commençons à dire que nous avons toujours eu notre propre vision des choses. Les immigrants sont venus ici et certains ont admis l’idée que étions d’accord avec le multiculturalisme. Nous contestons aujourd’hui les non-choix du passé parce que nous avions peur de parler. Tout comme les Musulmans ont peur de parler de propagande islamiste dans leur rang parce qu’ils ne savent pas comment ni pourquoi nous en sommes tous là. Nous sommes tous des êtres humains en évolution et tâchons d’évoluer en tant que peuple avec les contraintes de jeux politiques que nous subissons. C’est le peuple qui doit gérer sur le terrain les conflits des dirigeants et leurs faiblesses. Les imams et nos élus nous imposent des visions parfois contradictoires qui, comme au Québec, nous paralysent. Et, nous sentant menacés par une loi divine ou humaine, nous nous résignons à obéir à un paradoxe. Cela ne signifie pas que nous sommes d’accord. C’est ce que les immigrants apprennent aujourd’hui de leur peuple d’accueil.

 

 

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