Vue de l’intérieur

Vue de l'intérieur

4897636 Pour le Québec seulement | Diffusion en Europe en 2014

Vue de l’intérieur est un livre incontournable, dans la foulée des « accomodements raisonnables ». La pensée trudeauiste a eu, selon l’auteure, une influence sur les nouveaux arrivants dont certains reproduisent ce même comportement méprisant envers le nationalisme québécois. Aujourd’hui, les Québécois de souche craignent d’être accusés de confondre éducation et propagande, si bien qu’ils ne savent plus comment défendre l’unité du peuple québécois d’où est issue la racine de la nation contemporaine. Sylvie Bergeron dénonce l’influence de la propagande fédéraliste sur les immigrants, à leur insu. La vieille technique aristocratique anglaise consistant à mépriser le peuple québécois est toujours aussi active, mais maintenant certains immigrants moulés au discours fédéralistes perpétuent cette tactique d’intimidation efficace: banaliser l’autre plutôt que d’apprendre à le connaître. Les tentacules de cette propagande ont aujourd’hui investi les institutions du Québec, si bien que les Québécois ont peur de défendre leur intégrité identitaire, parce qu’on les accuse de racisme. Qui est raciste ? Le Québécois qui se protège contre l’hégémonie anglosaxonne ou celui qui – prétextant l’unité nationale alors que nous sommes une fédération à trois nations – investi en catimini de gros budgets dans une propagande néfaste pour la réputation du Québec ? Les Québécois sont divisés sur cette question pour une seule raison : l’insécurité financière l’emporte encore sur la protection de l’intégrité. Nos élus sont dorénavant mus par la peur de prendre des décisions politiques et se cachent désormais derrière le recours juridique abusif de la Cour Suprême. Quand le juridique mène un pays, son identité nationale meurt. La politique, la vraie, n’est pas basée sur la raison, mais sur le gros bon sens, valeur toute féminine de l’humanité que les sociétés occidentales ont perdue.

 QUATRIÈME DE COUVERTURE

Par une propagande et des campagnes de salissage pour contrer le mouvement séparatiste, les fédéralistes québécois ne peuvent plus défendre adéquatement les intérêts du peuple car ils offrent une image peu attirante du Québec, empêchant certains immigrants d’adopter les valeurs chères à la majorité des Québécois. Ces néo-Québécois ne s’apercevant pas des jeux de coulisse irrespectueux de certains partisans du fédéralisme en viennent à leur tour à rejeter par mimétisme leur peuple d’accueil. Le symptôme le plus apparent en est le choix de l’anglais comme langue d’usage plutôt que le français, pourtant langue officielle du Québec.

Lire aussi La conscience du génie québécois  Couverture_La conscience du génie québécois  et Le rayonnement du Québec Couverture_Le rayonnement du Québec

 EXTRAIT VUE DE L’INTÉRIEUR

LE LANGAGE UNIVERSEL

Israël 1988. Au cœur des ruines d’un théâtre romain, nous décidons d’envahir la scène. Nous sommes venus au Moyen-Orient pour divertir les troupes militaires canadiennes. Notre groupe d’une trentaine d’artistes canadiens de toutes les provinces, danseurs, chanteurs, musiciens, jongleurs, humoristes est constitué cette année-là d’une majorité de Québécois. En cette belle journée de congé, notre guide vient de nous faire faire un pèlerinage sur les routes empruntées par Jésus, il y a 2000 ans. Un frisson de solennité nous parcourt encore lorsque nous arrivons devant les ruines d’un ancien théâtre.

 Spontanément, nous convenons tous, presque sans nous parler, de faire le spectacle de notre tournée moyen-orientale sur les ruines. La voix de la chanteuse résonne dans l’estrade juste en face, les musiciens font des rythmes avec leur bouche, leurs mains, leur pieds, et nous, les danseurs, entrons en scène, tandis que les jongleurs se font des passes avec des balles phosphorescentes.

 Au même moment, nous nous apercevons de la présence d’un public tout aussi spontané qui vient s’asseoir dans les gradins. Il fourmille jusqu’à la zone de confort avant de se taire totalement pour goûter à une forme d’art américain, la nôtre. Le soleil revêt subitement la scène de ses quelques rayons dorés, tel un éclairagiste inspiré. Le public ne bouge plus, décidément ravi par nos chants et nos danses. Comme quoi, la vie se fait parfois un singulier metteur en scène.

Le spectacle se termine par de grands éclats de rire et les applaudissements de cette foule ravie. Nous allons immédiatement à la rencontre de la cinquantaine de spectateurs dans un élan de curiosité mutuelle. Nous ne parlons pas le même langage. Les premiers contacts se font donc par le rire et quelques pas de danse. En peu de temps, nous nous sommes tous pris par la main en chantant. Un moment en parfaite homéostasie avec la petite histoire dans les ruines de la grande histoire. Comme si ce qui devait être, fut.

Le producteur s’est informé et nous explique que ces gens sont des Juifs russes venus pour coloniser les terres d’Israël. Nous leur souhaitons la bienvenue et eux de même. Cet échange fortuit et des plus inoubliables s’achève sur un grand cri lorsque l’une des femmes tente d’amener notre chorégraphe avec elle. La femme ne veut rien de moins que l’adopter tant elle ressemble à sa fille ! Après quelques explications, nous échangeons quelques poignées de mains avec les uns, des p’tits becs aux autres et surtout d’immenses sourires de connivence.

Je m’arrête un moment pour prendre le temps de respirer le fond de ce rendez-vous fabuleux. Nous sommes en train de participer, je pensai, à une rencontre de cœur sans même nous connaître et pourtant, avec un tel courant de complicité !

La grosse femme relâche notre chorégraphe qui revient enchantée de s’être fait enlevée. Et nous retournons dans l’autobus en agitant la main à nos nouveaux amis du monde.

C’est le crépuscule. Un sourire béat traîne sur mes lèvres. Jamais je n’oublierai ce moment de communication si intense, sans le concours du langage. Je me dis que c’est sans doute pour ça que j’aime tant la danse et la musique. Nous n’avons pas besoin de parler pour atteindre tout de suite l’essentiel entre les individus. Comme une communion qui s’installe dans les regards, dans le corps, et nous, nous ne sommes que les témoins d’amitiés qui vibrent dans l’espace-temps.

La danse et la musique sont des milieux cosmopolites où naturellement les races se mêlent parce que tout se passe au-delà des différences linguistiques. En lieu et place du langage, un fluide perceptible sous-tend les relations. C’est ainsi que je vois la cohésion d’un peuple. Un courant invisible qui passe « entre nous » et qui nous construit comme seuls nous pouvons l’être dans notre spécificité spacio-temporelle. C’est la force du matriarcat.

Mais il y a le langage.

La langue organise, rationalise, code, structure, démystifie mais aussi, insulte, méprise, juge et contraint. La parole peut donc à la fois magnifier la cohésion et couper ce fluide entre les personnes. Tout dépend de l’intention derrière les mots… C’est la faille du langage…

TABLE DES MATIÈRES

Une main tendue aux immigrants

Le langage universel

Les conquérants et les conquis

Le canada, pays en guerre depuis sa création

Quelques scandales

Les fédéralistes québécois divisent le peuple

L’accord du lac Meech

L’autorité des souverainistes québécois

L’immigration dans un Québec pure laine

L’argent, le vote ethnique et la mondialisation

À la rencontre de l’autre solitude

Sur le français

Québec société laïque

Le nouvel esprit de la tour de Babel

Québec, producteur de contenu

Le conseil pour l’unité du Québec (cuq)

L’identité en question

Complices tacites

Québec, le carrefour d’une civilisation nouvelle

Vers la souveraineté

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